Collectif national de résistance à Base élèves…

contre tous les fichiers scolaires

Haute Garonne : face aux pressions, la directrice ne plie pas

Posted by retraitbaseeleves sur 6 octobre 2013

[Mise à jour : 15 octobre 2013]

Résumé de la situation à Montbrun-Bocage après le rassemblement de soutien à Annelyse Benoît le 8 octobre devant l’IA de Toulouse

Annelyse octobre 2013-2Lors de sa convocation le mardi 8 octobre à l’Inspection Académique de Toulouse, Annelyse Benoît était accompagnée par la CGT Education, Sud Education et le SNUipp. Les « reproches » qui lui ont été faits étaient minimes, c’est pourquoi la convocation ne comportait aucun motif. Comme nous le pensions, le but principal de la convocation était de trouver une occasion de lui reprocher sa non adhésion à Base élèves, du genre « Madame, vous avez le droit de ne pas adhérer à cette informatisation des données en tant que personne mais pas en tant que fonctionnaire. Si ce travail ne vous convient pas, vous pouvez démissionner. »

Cependant l’administration était dans ses petits souliers, au dire des syndicalistes accompagnateurs, car sachant bien qu’il n’y avait pas de quoi convoquer une directrice d’école, notamment quand on ne lui a donné qu’une seule journée de décharge de direction sur les deux qui doivent être accordées en début d’année scolaire dans les écoles rurales. Mais la question reste sans réponse : pourquoi cette convocation au cours de laquelle des fonctionnaires se ridiculisent par leur insistance sur des motifs de sanctions dérisoires avec une mauvaise foi patente ?

Le rassemblement devant le rectorat a été une réussite. Une cinquantaine de personnes, en semaine, alors que les collègues sont au boulot ! Une grande mobilisation des parents et des enfants de l’école, avec pancartes et banderoles ! Le délégué du Snuipp était bluffé : il a dit aux parents quel bonheur c’était de les savoir là et d’avoir entendu les enfants au mégaphone depuis la salle de réunion.

Il n’y a pas eu d’épreuve de force, ni d’ultimatum. L’administration n’en avait pas les moyens ! Les lettres des parents, leur présence, les enfants hors des murs de l’école, le courrier de la municipalité, les nombreux courriels de soutien ont sans doute tempéré la mise en garde. La mise en accusation d’Annelyse étant tellement dérisoire, il est difficile de savoir si il y aura une suite et si l’objectif de cette convocation était la préparation de sanctions. Mme Benoît doit renseigner base élèves, mais l’Education nationale n’a pas encore trouvé les moyens d’appuyer sur ses doigts pour enfoncer les touches de l’ordinateur. Base élèves ne passe pas par Annelyse !


[Article publié le 6 octobre 2013]

Annelyse Benoît, directrice d’une école à trois classes, à Montbrun-Bocage dans le sud de la Haute-Garonne, est convoquée à l’Inspection académique de Toulouse le mardi 8 octobre prochain. Malgré sa demande, aucun motif ne lui a été donné pour cette convocation, mais il est évident que l’Education nationale lui reproche sa résistance à Base élèves, qui est actuellement rempli par un fonctionnaire.

Ci-dessous le courrier du CNRBE adressé au DASEN de Haute-Garonne le 6 octobre, suivi du communiqué de presse du 2 octobre.

Monsieur le Directeur académique de Haute-Garonne,

Madame Annelyse Benoît, directrice de l’école de Montbrun-Bocage, est convoquée par vos services le mardi 8 octobre 2013 à l’Inspection académique à Toulouse. Mme Benoît ne connaît pas les motifs qui sous-tendent cette entrevue et serait donc en droit, selon son syndicat, de ne pas obtempérer tant qu’elle ne sera pas avisée des raisons qui nécessitent une telle urgence.

Cependant il se trouve que cette convocation fait suite à une inspection de son travail de direction d’école effectuée le 17 septembre dernier. Mme Benoît, enseignante qui ne bénéficie d’aucun temps de décharge de direction, était en classe face aux 32 élèves de son cycle 3. Or elle a dû fournir de manière exhaustive tous les registres administratifs qui lui ont été demandés ainsi que tous les écrits prouvant l’accomplissement des tâches de direction nécessaires dans cette école rurale à 3 classes, regroupant 75 élèves.

Par conséquent, nous ne sommes pas dupes des raisons qui ont amené l’administration à imposer cette pression hiérarchique. Mme Benoît fait partie des directeurs d’école qui en France s’opposent à l’utilisation de Base élèves. Elle a résisté au renseignement de cette base de données pendant plusieurs années jusqu’à ce que l’Education nationale profite d’un stage professionnel qui la tenait éloignée de son école pour faire remplir Base élèves à sa place. Ainsi l’Inspection académique passait outre les nombreuses lettres d’opposition qui lui avaient été adressées par les parents d’élèves de Montbrun-Bocage.

Depuis lors Mme Benoît a courageusement réaffirmé ses convictions : elle n’alimente pas Base élèves ni Affelnet (application qui lui est reliée et qui permet de basculer les élèves de l’école primaire au collège). Il semble pourtant que l’administration renseigne Base Elèves à partir de registres et documents papier, tenus à jour à l’école par Mme Benoît. Si tel était le cas le procédé serait irrégulier puisque l’Education nationale n’ informe pas les parents de la destination des données qu’ils confient à l’école.

Monsieur le Directeur académique, vos services vous ont sans aucun doute rapporté que Mme Benoît remplit de façon scrupuleuse les tâches inhérentes à sa fonction. Cette convocation signifierait-elle que l’Education nationale ne supporte pas qu’une directrice d’école soit loyale envers les parents d’élèves et les enfants de son école et qu’elle échappe au « management » désormais à l’oeuvre dans cette administration ?

Pendant toute l’année scolaire 2010/2011 Mme Benoît a déjà subi une sanction avec deux autres de ses collègues. L’académie de Toulouse leur avait supprimé les indemnités de direction, ce qui avait été interprété par l’informatisation des fiches de paye comme une rétrogradation, alors qu’aucune commission paritaire n’avait réglementairement statué. Pour Mme Benoît la situation s’est résolue à l’amiable de manière à masquer l’erreur administrative, pas pour ses collègues, parties à la retraite avec une pension diminuée.

Pourquoi, alors qu’aucun manquement professionnel n’a pu être reproché à Mme Benoît, est-elle convoquée à l’Inspection académique ? S’agit-il d’une mise au pas alors que la représentante du Secrétaire général des Nations Unies a reconnu que les directeurs opposés au fichage scolaire étaient ceux qui témoignaient le mieux de la protection des Droits de l’Homme ?

Le Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE), composé de parents d’élèves, d’enseignants, d’avocats, de syndicats, de citoyens, continue à affirmer et démontrer que le dispositif Base Elèves porte atteinte à la vie privée des enfants et de leur famille, en particulier parce qu’il permet l’immatriculation systématique de chaque enfant dès son entrée en première année de maternelle, et par là même la mise en relation des données sensibles que contiennent les fichiers numériques de plus en plus nombreux concernant les élèves.

Nous soutenons Annelyse Benoît dans sa résistance à Base élèves et aux fichiers scolaires. Nous demandons à l’Education nationale de laisser cette directrice travailler en toute sérénité à Montbrun-Bocage où elle est très appréciée des parents d’élèves, des enfants, de la municipalité et des habitants de la commune.

Nous demandons qu’aucune sanction d’aucune sorte ne soit prise à l’égard de Mme Benoît.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur académique, l’expression de nos salutations citoyennes et respectueuses des Droits de l’Enfant.

Le CNRBE, le 6 octobre 2013

A Montbrun-Bocage, on veut penser la liberté à l’école

Savez-vous qu’en France les élèves sont fichés dans les écoles ?

Savez-vous que l’Education nationale, y compris avec Vincent Peillon à sa tête, considère qu’aucune autorisation parentale n’est nécessaire pour inscrire les enfants dans cette immense base de données, nommée Base Elèves ?

Savez-vous que les directeurs d’école qui ne veulent pas se rendre complices de ce dispositif généralisé du fichage de l’enfance subissent des pressions inadmissibles de la part de leur hiérarchie ?

C’est ce qui arrive à Annelyse Benoît, directrice de l’école de Montbrun-Bocage dans le sud de la Haute- Garonne.

Profitant d’un stage professionnel auquel elle a assisté en 2011/2012, l’administration a contourné l’opposition au fichage de la grande majorité des parents de cette école pour faire remplir le fichier Base Elèves par un fonctionnaire.

Pour rester conforme à la volonté des parents d’élèves de son école, Annelyse Benoît a arrêté de renseigner cette base de données. La mise à jour est effectuée par du personnel administratif.

Tout pourrait donc s’arrêter là, sauf que l’Education nationale ne supporte pas qu’une directrice d’école soit loyale envers les parents d’élèves et les enfants de son école et qu’elle échappe au « management » désormais à l’œuvre dans cette administration.

Annelyse Benoît, qui est avant tout enseignante dans sa classe de cycle 3 (32 élèves répartis sur 4 cours), n’a pas de décharge de direction. Le 17 septembre 2013, sur le temps de classe, elle a subi de la part de la hiérarchie une inspection de son travail de direction. La séance a dépassé le simple contrôle de la conformité à sa fonction.

L’épluchage systématique de tous les registres nécessaires dans cette école de 75 élèves et des écrits prouvant l’accomplissement des tâches de direction démontre que l’administration cherche à faire pression sur cette enseignante rigoureuse.

Alors qu’aucun manquement professionnel n’a pu être reproché à Annelyse Benoît, elle est convoquée à l’Inspection académique à Toulouse le 8 octobre prochain pour un « rappel à l’ordre ».

L’Education nationale pense-t-elle qu’une directrice peut se conformer à ses injonctions après plusieurs années de résistance ?

Ou bien envisage-t-elle de muter Annelyse Benoît de façon arbitraire comme cela a déjà été le cas en Haute- Garonne, en Isère et dans le Loir et Cher ?

Avec le CNRBE, nous dénonçons Base élèves en tant que clé de voûte du fichage des compétences des élèves, au prétexte de suivre leur parcours scolaire.

Nous dénonçons le ravage que le fichage des compétences ne manquera pas de produire sur les conventions collectives et sur le droit du travail, en remplaçant progressivement des qualifications collectives par des « compétences » individuelles.

Nous soutenons Annelyse Benoît dans sa résistance à Base élèves. Nous exigeons de l’Education nationale qu’elle laisse cette directrice travailler en toute sérénité à Montbrun-Bocage où elle est très appréciée de toute la communauté scolaire.

Le CNRBE 31 appelle à un rassemblement de soutien le mardi 8 octobre à 9h15 à Toulouse, devant l’Inspection académique, au rectorat, place Saint-Jacques, près du Grand-Rond, métro François Verdier.

Le CNRBE 31 et le Comité de soutien à la directrice de Montbrun-Bocage

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