Collectif national de résistance à Base élèves…

contre tous les fichiers scolaires

Essonne

Parents de Gif sur Yvette
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Dernières infos

Octobre 2013

Base élèves et ses prévisions d’effectifs « fiables »

L’Inspection Académique de l’Essonne se trompe de 1000 élèves dans ses prévisions d’effectifs pour la rentrée 2013. Voici l’occasion, dans cet article, d’évoquer à nouveau Base Elèves sous un autre angle.

« Petite » erreur de 1000 élèves sur l’Essonne

En lisant vendredi l’article d’Essonne Infos « Les profs pas convaincus par cette rentrée », un chiffre cité par Emmanuel Cariban, du syndicat SNUIPP 91, m’a sauté aux yeux: « L’académie projetait 1 894 élèves en plus en juin, il y en a au moins 2 900 actuellement. ».

Cela signifie donc que les prévisions de l’Education Nationale pour le nombre d’écoliers essonniens pour la rentrée ont carrément zappé 1000 élèves. Sur les 130 et quelques mille au total que compte l’Essonne, c’est une goutte d’eau, une erreur d’à peine 1%, certes. Mais elle est quand même assez invraisemblable quand on sait que les créations de postes d’enseignants se font en fonction du chiffre estimé et qu’un tel décalage entre prévisions (dont on ne peut qu’« admirer » la précision à l’unité près) et réalité ne peut qu’être synonyme, dans la vraie vie, de classes surchargées.

Je pense à cette refondation de l’école, qui pour moi passe, avant toute chose peut-être, avant en tout cas ces rythmes sur lesquels toute l’énergie se focalise, par des classes où les enfants peuvent apprendre tranquillement, paisiblement, sans l’urgence d’un programme surchargé, sans le poids d’évaluations-sanctions qui font peur même aux parents, et surtout avec un enseignant qui a du temps pour s’occuper bien de tous et de chacun, et cela passe nécessairement par moins d’enfants par classe. Je pense à ces enfants de CM2 à qui la dérogation pour continuer normalement leur scolarité à Gif avait été refusée à la fin de l’année scolaire (et pour certains jusqu’au 28 août !), se basant sans doute là aussi sur les prévisions d’effectifs (*).

On nous avait dit, en mai 2011 « Base élèves donne des chiffres fiables »

Je pense surtout au discours que nous avait tenu l’Adjointe de l’Inspecteur d’Académie en mai 2011, quand elle nous avait reçus, deux autres délégués de parents d’élèves et moi, au sujet d’une classe de l’école de nos enfants qu’elle voulait fermer à la rentrée suivante, alors qu’aussi bien la Directrice de l’école que la Mairie de Gif, tombaient sur des chiffres justifiant le maintien de cette classe. Ce discours tenait en :

« Nous basons nos estimations sur les chiffres issus de Base élèves (NB : tout enfant entrant à l’école est saisi dans le fichier Base Elèves et se voit attribuer un numéro INE (Identifiant National de l’Elève) qui le suit toute sa scolarité). Et ce n’est que grâce à ce qui est dans Base élèves que nous pouvons prévoir de façon fiable les effectifs de la rentrée suivante ».

Il faut dire qu’à l’époque, la Directrice de l’école avait respecté (et je l’en remercie beaucoup, étant à l’époque concernée) le choix d’un certain nombre de parents souhaitant exercer leur droit d’opposition à Base élèves. Elle n’avait donc pas entré, sur leur demande écrite, leurs enfants dans la Base et les effectifs de l’école obtenus par ce biais étaient, cela tombait sous le sens, sous-évalués. La Directrice tenait cependant avec exactitude les fiches-papier permettant de comptabiliser avec précision le nombre d’élèves qui seraient dans son école lors de la rentrée suivante. Parents, enseignants et Mairie (qui arrivait au même résultat que la Directrice) demandaient donc que soit tenu compte de ces chiffres pour maintenir la classe ouverte.

« Il nous faut les chiffres de Base élèves, eux seuls sont fiables ». Malgré deux heures d’un rendez-vous ubuesque où nous parlions, nous, de « vrais » enfants, présents dans l’école ou inscrits pour y venir en septembre suivant, quand l’Adjointe de l’Inspecteur d’Académie, elle, ne se basait que sur un « fichier » et une moulinette informatique, elle n’en avait pas démordu : sans Base élèves, point de salut, point en tout cas de classe maintenue. Les parents résistants à Base élèves (et moi la première) furent contraints de renoncer à exercer leur droit d’opposition, cela dans l’unique but d’espérer sauver la classe. La Directrice de l’école avait passé des heures à rattraper la saisie des enfants des « récalcitrants », l’Inspection avait pu faire tourner son programme avec un fichier complet et… la classe avait été maintenue.

Il n’empêche, j’avais retenu de cette histoire le précepte non contestable aux yeux de l’Inspection Académique (de l’Essonne en tout cas) qu’avec Base élèves (et avec Base élèves seulement), les prévisions départementales des effectifs d’élèves sont justes.

De l’inutilité de Base élèves

Alors, de voir que pour la rentrée 2013, en utilisant Base élèves, l’Inspection Académique s’est trompée de 1000 enfants (et n’a du coup pas créé assez de postes), me convainc définitivement de l’inutilité de ficher ainsi les enfants dès leur plus jeune âge.

Le dangereux de le faire, cela, j’en étais déjà convaincue, sachant très bien, en tant que statisticienne, qu’un numéro d’identification permet de relier des fichiers entre eux. Dans le cas présent, cela accroche pour longtemps, pour ne pas dire pour toujours, aux basques d’un enfant, telle lacune ou tel comportement par le biais de son livret de compétence. On sait qu’une donnée saisie sur informatique ne disparaît pas comme ça (contrairement aux bulletins papier dont la non pérennité permettait aux enfants peu scolaires d’avoir leur chance, autrement). On sait aussi qu’une donnée numérique n’est, de plus, pas aussi protégée que l’Inspection Académique nous l’affirmait, les yeux dans les yeux (quand nous avions sous le coude un exemple récent de données individuelles issues de Base élèves en libre accès sur internet à Sartrouville.

Et qu’en l’occurrence, puisque cela concerne les êtres en devenir et en évolution que sont les enfants, on ne devrait pas prendre le risque de graver sur disque dur certaines informations les concernant qui méritent, dans tous les cas, le droit à l’oubli.

GEM GIF, le 14 octobre 2013

(*) Lire ci-dessous ou ici : http://www.gemgif.fr/wbNewsFront/newsDetail/id/431


Juillet 2013

En CM2 cette année à Gif, refusés à Juliette Adam, pourquoi ?

 En CM2 cette année à Gif, refusés à Juliette Adam, pourquoi ?

Leurs familles pensaient qu’il n’y aurait pas de problème : leurs enfants étaient en train de faire leur CM2 à Gif, y avaient même parfois fait toute leur scolarité, à Courcelle ou au Centre. La Mairie avait en effet trouvé légitime la demande de dérogation pour intégrer une école de Gif bien qu’habitant une autre commune, et la leur avait accordée ce qui est loin d’être automatique. Parfois même, leur sœur ou leur frère aîné était déjà scolarisé cette année à Juliette Adam, ce qui paraissait un argument de plus pour que la demande de poursuivre la scolarité à Gif soit acceptée. Comme cela a été le cas pour tous les enfants dans leur cas, les années précédentes.

Eh bien non ! Mi-juin, une petite dizaine de familles a eu la très vilaine surprise d’apprendre que leurs enfants ne feraient pas, en septembre, leur rentrée en 6ème au collège Juliette Adam. Qu’il allait falloir les inscrire ailleurs, dans un établissement où, alors qu’ils sont Giffois par l’école, ils seront aussi dépaysés que s’ils déménageaient à l’autre bout de la France. Qu’elles allaient devoir revoir leur organisation personnelle, celle qui justifiait sans aucun doute à l’origine leur demande de dérogation (un travail à Gif par exemple et évitant, avec son enfant scolarisé dans la même commune, que celui-ci passe de longs moments seul à attendre en sortant de l’école).

En voyant tous ces refus de dérogations entrantes, alors que les sortantes sont acceptées, on s’interroge : le seul critère pour accepter une dérogation est-il comptable ? En effet, dans le même temps, on apprend qu’une classe de 6ème ferme. Coïncidence ??? Le but de tout cela serait-il d’optimiser les postes d’enseignants en remplissant au maximum les effectifs d’élèves dans chaque collège ? Car techniquement, l’Education Nationale est en mesure de le faire grâce aux renseignements présents dans Base élèves (dans laquelle tout enfant est inscrit à son entrée à l’école et se voit affecter d’un numéro d’identification unique : l’INE.

Tout cela ne paraît pas aller dans le sens de l’intérêt de l’enfant: pour ceux qui ont vu leur demande de dérogation refusée, il va falloir entrer en 6ème dans un collège inconnu, loin de leurs copains ; pour ceux « qui restent » à Juliette Adam, ce sera dans des classes à 28 (chiffre maximal recommandé dans les établissements hors éducation prioritaire) et la tristesse au cœur de voir partir des camarades. Piètres conditions pour démarrer en toute sérénité cette nouvelle étape de leur scolarité.

Une mobilisation se fait à Gif autour de ces familles : une lettre signée des fédérations de parents d’élèves (FCPE-PEEP), de têtes de listes non affiliées et des délégués de parents du collège est partie le 26 juin à destination de Mme l’Inspectrice pour plaider le cas de ces enfants. Le 5 juillet, jour de sortie des classes, certaines familles ne savaient toujours pas où allait leur enfant l’année prochaine, d’autres ont vu leur refus confirmé et c’est en pleurs que ces enfants ont fini leur école primaire et commencé leur première heure de vacances.

La mobilisation ne faiblit pas, mais cela suffira-t-il ? Nous l’espérons vraiment en tout cas. Pour ces enfants et leurs familles.

GEM GIF, le 7 juillet 2013


Août 2011

Des missions

A l’attention de M. l’Inspecteur d’Académie de l’Essonne,

Je souhaite par ce courrier vous présenter ma démission. Actuellement et pour la sixième année, en « disponibilité pour convenance personnelle », j’assure pour un centre de formation aux professions sociales des enseignements de formation initiale et des actions de formation continue, ainsi que des études et recherches en éducation.
Educateur spécialisé avant mon entrée dans l’Education Nationale, docteur en Philosophie, j’occupe actuellement un poste de « Responsable de projets et de recherches », à l’EFPP (centre de formation agréé par le Conseil Régional) où j’assure des enseignements professionnels dans les domaines de la pédagogie, et la connaissance de l’environnement social et familial de l’enfant.
Instituteur, puis professeur d’école depuis 1988, il aurait été logique et naturel que je puisse mettre ces mêmes compétences au service de l’Education Nationale. Dès mes premières années d’enseignement j’ai tenté de  proposer mon expérience, et mes compétences pour contribuer notamment à la formation initiale ou continue des maîtres dans mes domaines de compétence (philosophie sociale et de l’éducation, éducation spécialisée, AIS, connaissance des milieux éducatifs, famille parentalité).

Or, toutes mes offres de service, et démarches en ce sens  ont été constamment découragées. Il apparaissait que les compétences et connaissances qui me sont pourtant reconnues par mes publications d’article, ou comme auteur, étaient tout simplement ignorées, voire déniées par mon employeur.

D’autre part, Monsieur l’Inspecteur, depuis la fin des années 80, je n’ai pu qu’assister à la dégradation de la liberté éducative et pédagogique de l’enseignant, et à l’appauvrissement du champ éducatif à l‘école.
Sous couvert d’un « recentrage » perpétuel vers  l’acquisition de « fondamentaux », de socle, l’école primaire s’est appauvrie, s’est repliée sur elle-même ; elle s’est coupée des ressources de son environnement naturel, à  la fois urbain, familial et social.
Le temps et le champ de l’enseignement  se sont retrouvés de plus en plus quadrillé d’objectifs, d’injonctions et de contrôles. Les possibilités pour les enseignants comme pour les élèves, de faire preuves d’initiative et d’autonomie sont progressivement et toujours plus rognées par des injonctions dans tous les domaines et une inflation de règlementations dissuasives. Vigipirate, l’alourdissement des procédures d’autorisation de sortie, ou d’intervention de tiers, la règlementation des activités physiques (…) ont constitué autant d’entraves au développement d’un climat éducatif souhaitable, dans les classes et dans les écoles.

Qui peut encore en effet dans sa classe et dans son école sortir en toute simplicité, faire la cuisine, utiliser les transports en commun, faire participer les parents au quotidien de la classe, faire une sortie vélo avec ses élèves ou organiser un séjour avec eux ?
Sans que l’on y prenne garde c’est toute la liberté éducative nécessaire à l’apprentissage de l’autonomie et au développement des relations éducatives de base qui se sont retrouvées progressivement rejetée hors de l’école.
A la place, nous avons connu une inflation des évaluations en tous genres, nationales, de circonscription ou exceptionnelles, qui prennent de plus en plus de temps, de plus en plus de place et qui déterminent lourdement le quotidien des élèves, comme celui des enseignants. Cette tendance est allée si loin, que l’on peut se demander si l’enseignement à l’école n’est pas en train de perdre tout sens en se réduisant à la simple préparation… de ses propres évaluations.
En vingt-quatre ans, je n’ai observé également aucun progrès dans la formation ou l’accompagnement des jeunes enseignants. La formation éducative, l’accès à une formation consistante dans les domaines de la connaissance du développement psychoaffectif de l’enfant, de la connaissance des réalités sociales et contraintes des familles les plus précaires, sont toujours refusées  aux jeunes enseignants qui subissent de plein fouet les peurs, les préjugés, auxquels les expose, leur impréparation.
Dans mes fonctions actuelles, je contribue à la formation d’éducateurs spécialisés, comme de jeunes enfants (il s’agit de deux diplômes d’Etat). Or, ceux-ci bénéficient d’une réelle formation à la pratique et notamment font l’expérience de l’analyse des pratiques.
En ce qui concerne nos jeunes collègues, non seulement ils n’ont toujours pas accès  à ces outils fondamentaux pour des éducateurs, mais, sur la même période, leur formation initiale s’est trouvée amputée et perpétuellement rognée pour être réduite actuellement à un simulacre d’accompagnement, unanimement décrié.

Membre de l’ICEM Pédagogie Freinet de longue date,  j’aurais souhaité contribuer à l’intérieur de l’Education Nationale au développement d’une pédagogie respectueuse de l’enfant, de ses besoins et de ses aspirations.
Je suis malheureusement aujourd’hui forcé de constater que de telles pratiques pédagogiques n’ont plus de place dans l’Education Nationale, telle qu’elle est devenue.

Les sanctions, ou plus banalement les brimades et dénis de reconnaissance  pleuvent sur nos collègues et camarades qui, partageant nos principes, refusent  les modes d’évaluation néfaste, l’absurdité du « soutien scolaire » obligatoire, ou le fichage des enfants dans Base Élèves.
La relation avec la hiérarchie s’est tellement dégradée qu’il n’y a plus de place aujourd’hui dans notre institution que pour des relations d’autoritarisme et de servilité qui empêchent le développement de toute créativité nécessaire à l’acte d’éduquer.
Aujourd’hui, Monsieur l’Inspecteur, il devient clair que c’est en dehors de l’école que peuvent se développer de véritables innovations pédagogiques et éducatives.
C’est pour cette raison, que dans le cadre de l’action associative je contribue à promouvoir de nouvelles formes de travail éducatif, qui, répondant à des besoins sociaux pressants, ne trouvent pas de place à l’école. C’est également pour cette raison que dans le cadre de la formation professionnelle, je contribue à développer des actions de formation propres à aider les éducateurs d’aujourd’hui à devenir les véritables promoteurs et ingénieurs de leur pratique professionnelle et éducative.
Constatant que ces objectifs n’ont plus aujourd’hui de place dans l’Education Nationale, je vous prie donc de prendre en compte ma démission.

Dans cette perspective, je vous prie de croire en mon attachement profond à l’éducation et à la pédagogie.

Laurent Ott, le 23 aout 2011

Instit’ depuis 24 ans, je suis venu vous dire que je démissionne (Rue 89, 01/09/2011)
Pourquoi je démissionne de l’Education nationale (Médiapart, 01/09/2011)


Juin 2011

Suite de l’action « droit d’opposition »

A Gif-sur-Yvette, les parents qui avaient refusé de remplir les fiches de renseignement ont fini par plier pour permettre la non fermeture de la 8ème classe, qui finalement a été maintenue (voir ci-dessous).

Face aux méthodes déloyales de l’administration, les parents sont déterminé à faire valoir leur droit d’opposition. Pour aider les parents dans leurs démarches, le CNRBE a élaboré un vade mecum pratique avec une avocate du Syndicat des avocats de France (SAF)  :
–> Télécharger le vade mecum (3 pages – fichier PDF) et lire toutes les indications sur la procédure dans notre KIT ANTI-BE.
–> Lire l’article Le droit d’opposition des parents : un droit difficile à faire respecter (31/05).
–> Lire l’article Le droit d’opposition à Base élèves 1er degré existe-t-il vraiment ? (LDH Toulon, 24/06).
–> Conseils lettre d’opposition.
–> Modèle de lettre d’opposition à adapter.

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Quand Base élève est l’objet d’un obscur chantage à la fermeture d’une classe

Joël Martin, qui tient un blog sur le quotidien en ligne Mediapart, raconte l’histoire mouvementée de la fermeture d’une classe dans une école élémentaire de Gif-sur-Yvettte. Il en dit long sur les méthodes du MEN pour mettre au pas les opposants au fichage, et surtout sur le fait qu’on peut se passer de Base élèves pour faire des prévisions d’effectifs, mais qu’il est tellement plus « efficace » de s’en servir comme moyen de pression…

La dictature de « Base-Elèves » – 10 Juin 2011

Gif-sur-Yvette, coquette cité de l’Essonne peuplée en partie de chercheurs bobos, de cadres en cravate et autres têtes d’oeuf plus ou moins pleines de neurones avisés. Ils ont quand même le temps de faire des enfants qui peuplent les écoles locales de façon variable d’une année à l’autre au gré des migrations. Ainsi, pour la rentrée 2011, l’école élémentaire du Centre de Gif voit passer ses effectifs de 222 répartis sur neuf classes à 194. D’où l’inéluctable suppression d’une classe. Jusque là, rien à dire. On reste à un peu plus de 24 élèves par classe en moyenne. Mais les parents d’élèves de cette école sont des trublions. La moitié d’entre eux s’opposent à ce que des renseignements confidentiels concernant leurs enfants soient saisis dans le fichier informatique national « Base-élèves » pour toutes sortes de raisons éthiques et philosophiques mais surtout parce que ce fichier est insuffisamment sécurisé, comme l’a montré une fuite récente à Sartrouville.

En outre malgré les dénégations du ministère de Luc Chatel et de ses satellites académiques et rectoraux, ce fichier est connecté à d’autres comme l’ont montré ici et là des arrestations de parents d’élèves en situation irrégulière venus chercher leurs enfants à l’école. Par exemple près de Rennes.

Le Conseil d’Etat a annulé en 2010 un décret de 2008 restreignant le droit d’opposition.

Le comité des droits de l’enfant de l’ONU s’est déclarée contre ce fichier.

L’assemblée des élus de Corse s’est déclarée à l’unanimité contre ce fichier.

Un peu partout en France, des parents se sont opposés pour motifs légitimes au fichage de leurs enfants comme leur permet la loi. Ce droit d’opposition leur a été uniformément refusé par toutes les Inspections d’Académie, quels que soient les motifs. Autrement dit un agent de l’administration s’arroge le droit de juger si un motif est légitime ou non.

Des recours auprès des Tribunaux Administratifs sont donc déposés un peu partout.

Plus de la moitié des parents d’élèves de l’Ecole Elémentaire du Centre de Gif se sont ainsi opposés au fichage de leurs enfants. Refus uniforme de l’Inspection d’Académie (IA) de d’Essonne, quels que soient les motifs invoqués. L’Inspection d’Académie s’assied sur la loi.

Quel rapport avec la suppression de classes dues aux baisses d’effectifs?

Le voici. Malgré le comptage concordant de l’école et de la mairie qui dénombrent 194 élèves officiellement inscrits pour la rentrée 2011, l’IA décrète que son estimation est de 188 élèves. Or, pour un effectif inférieur à 189 élèves, l’IA procède à une « fermeture différée » d’une classe : la classe est fermée, l’enseignante est priée d’aller voir ailleurs, mais si à la rentrée l’inspecteur compte plus de 189 élèves, la classe est rouverte et l’enseignante ainsi baladée est prioritaire pour reprendre son poste. Tant pis si elle s’est organisée autrement, circulez y a rien à voir. Imaginez les incertitudes, les perturbations des enseignants, élèves et parents qui ne savent pas le jour de la rentrée dans quelle classe seront leurs enfants.

Eberlués par cette estimation qui contredit les chiffres réels, des parents ont eu une entrevue avec l’IA le 30 mai dernier. L’IA a expliqué benoîtement que son évaluation reposait sur « des modèles mathématiques » tenant compte des « tendances lourdes » dans tout le département, et que les données étaient celles de « Base-élèves ». Alors, bien sûr, les élèves non saisis dans le fichier perturbaient la bonne marche de cette curieuse usine à dénombrement où une estimation prime sur la mesure réelle. De là, venait sans doute, selon l’IA, la sous-estimation des effectifs de notre école.

Le message était clair : ne vous opposez plus à « Base-élèves » et on tiendra compte de l’effectif réel. Le tout vilain chantage.

Entre leurs convictions et l’intérêt des enfants, les parents, couteau sous la gorge, n’ont pas hésité et se sont tous résignés à plier et à autoriser la saisie dans le fichier.

L’IA en a été avisée. Elle a demandé la liste écrite et nominative des 194 inscrits. La liste lui a été envoyée.

Tout le monde s’attendait donc à la prise en compte des effectifs réels et la levée de la fermeture différée et de son cortège de gros soucis.

La décision est tombée hier : la fermeture différée est maintenue bien qu’il soit avéré que les effectifs seront largement supérieurs au seuil de fermeture.

Il est clair qu’il s’agit d’une « punition », parfaitement arbitraire et illégale. L’IA s’asseoit sur ses propres règles. Il ne fait pas bon défier ces tout-puissants robocops de la pensée, nourris à la moulinette informatique dont ils se servent d’ailleurs en dépit du bon sens : pour que les évaluations modélisées tendances lourdes etc. soient significatives, « Base-élèves » devrait être actualisé en temps réel. Or des nouveaux élèves officiellement inscrits à Gif pour 2011-2012 figurent dans « Base-élèves » à leur ancienne école. Ils sont donc soustraits à Gif. Le mouvement inverse peut se produire objectera-t-on. Oui, mais le nombre des arrivées est supérieur au nombre de départs.

Résultats des courses : la confirmation que nous sommes dans une république non seulement bananière mais kafkaïenne. Avec un inquiétant zeste d’orwellisation : il s’agit d’habituer insensiblement le peuple à un fichage généralisé.

Et en attendant, ce sont les mômes qui trinquent et l’enseignante concernée ne sait plus trop à quel saint se vouer.

Les robocops de la pensée n’en ont strictement rien à cirer : l’IA nous a déclaré que les postes d’enseignants n’étaient pas pour eux tenus par des êtres humains, mais par des « chaises ».

Sans commentaire.

Enfin si, j’espère de nombreux commentaires, avec des cas concrets ici ou là, en Corse ou dans le 95, ou partout ailleurs. Car Gif est un repaire de privilégiés aptes à se défendre. Mais dans d’autre lieux plus défavorisés, les robocops de la pensée doivent faire des ravages en profondeur auprès de gens dont la survie quotidienne est la principale préoccupation.

Une dernière remarque: ce genre de coupe arbitraire dans le nombre de classes s’inscrit en droite ligne dans la vague de suppression de seize mille postes. Il faut bien les trouver quelque part, ces enseignants à jeter. La gestion élastique de prétendus sous-effectifs est bien pratique pour ce dégraissage méticuleux du Service Public.

Jules Ferry, reviens, ils sont devenus fous.


194 enfants à la rentrée = maintien de la fermeture différée de la 8ème classe en élémentaire à Gif sur Yvette
Communiqué des parents de Gif sur Yvette

Alors que les prévisions sont au dessus du seuil de blocage, l’ Inspecteur d’Académie de l’Essonne ne veut pas ouvrir la 8ème classe en élémentaire à Gif sur Yvette.

Lors de la dernière réunion du CTPD du 9/6/2011, il maintien sa décision. Après une très forte pression auprès des parents et  de la directrice d’établissement , sous forme de  chantage : à  »  BE1D remplie = 8 classes « , les parents cèdent pour assurer l’ouverture de cette classe.

TOUS, enfants, parents et enseignants sommes indignés par les méthodes utilisées  par l ‘IA et par l’injustice criante de sa décision.

28 élèves par classe et une enseignante dans la douleur !!!!! Dans le meilleur des cas, les enfants de cette école auront d’excellentes conditions d’enseignement !!!!!!!!

« Tout va bien dans le meilleur des mondes »  de LUC  CHATEL …

Si vous êtes dans le même cas, merci de nous contacter à deleguescentre@sfr.fr, nous pourrons ainsi organiser une contre attaque collective et espérons la plus efficace possible. Il faut faire vite. Merci.

Gif sur Yvette, le 12 juin 2011

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Janvier 2011

Parents, vous pouvez vous opposer au fichage de votre enfant dans Base Élèves

Après la décision du Conseil d’Etat (Arrêt du 19/07/10), les parents peuvent désormais s’opposer au fichage de leur enfant dans Base Elèves et la BNIE. Suite à une injonction de remplir Base Elèves que la directrice de l’école élémentaire du Centre à Gif-sur-Yvette a reçu de la part de l’IA, plusieurs parents ont décidé de faire valoir leur droit d’opposition. Pour vous joindre à cette action, vous pouvez télécharger les documents suivants :

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