Collectif national de résistance à Base élèves

Contre le fichage à l'école

Résistances dans les services publics

Posted by retraitbaseeleves sur 9 décembre 2010

Le Forum des résistances dans les services publics a eu lieu à Paris le 4 décembre 2010. Il a été organisé à l’initiative du Réseau des enseignants du primaire en résistance, et en coopération avec Elisabeth Weissman, auteure du livre : « La désobéissance éthique. » L’objectif de la journée était d’aller au-delà des constats, d’amorcer une mise en réseau des initiatives de résistance apparues dans différents services publics.

Voir sur le site Résistances dans les services publics, toutes les interventions qui ont eu lieu lors de cette journée. Nous faisons ici même un zoom sur le fichage informatisé des élèves. 

Résistance au fichage informatisé des élèves

Gérard Clavet a présenté pour le CNRBE un diaporama (ci-contre) reprenant l’historique de la mise en place de Base élèves et présentant les actions entreprises par le collectif contre le fichage à l’école (voir aussi la vidéo).

Revue de presse

Un devoir de résistance (Politis, 9/12/10)

« Nous avons beaucoup de raisons de nous indigner. Il faut faire la distinction entre le légal et le légitime. Pour nous, c’est la légitimité qui compte, c’est ce pour quoi nous résistons », a dit Stéphane Hessel, membre du Conseil national de la Résistance (CNR), à la centaine de personnes réunies à la Bourse du travail samedi 4 décembre. Elles étaient là pour témoigner des pressions et des intimidations dont sont victimes ceux qui osent s’opposer au dévoiement de leurs missions de service public. À l’initiative de ce Forum des résistances, des « instits » venus de toutes les régions, membres du Réseau des enseignants du primaire en résistance, du Réseau éducation sans frontières (RESF) ou du Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE), souvent en butte aux retraits de salaire, aux brimades ou aux mutations/suppressions de postes. Parce qu’ils ou elles s’abstiennent de faire les évaluations ou les heures d’aide personnalisée, s’opposent à la réduction incessante des effectifs et à la disparition des Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), ou refusent de renseigner la fameuse Base élèves.

Chacun d’eux est le porte-parole de centaines d’autres pratiquant la désobéissance – déclarée ou discrète – pour contrer la casse et la transformation de l’école publique en machine à trier et à formater les enfants. Ces profs revendiquent « une école respectueuse des droits de l’enfant, une école au service de tous, qui préfigure une société plus juste et plus solidaire ». Ils s’inquiètent du cumul de lois, fichiers et programmes transformant l’école en lieu de fabrication de bons citoyens dociles. Ils lancent aujourd’hui une Charte invitant leurs collègues à se déclarer « en résistance pédagogique », et une campagne nationale, « Le service public d’éducation : un droit, pas un privilège », rappelant que ni l’objectif ni la méthode ne peuvent être le fichage et l’exclusion, sous prétexte d’intégration des décrocheurs, déviants, sans-papiers, Roms ou toute autre catégorie d’enfants (et de familles) désignée comme « à problèmes ».

Ce questionnement essentiel sur la mission du service public est commun à d’autres fonctionnaires. Les instits ont donc fait front commun avec d’autres agents en butte à la même mécanique de destruction sur fond de critères d’efficacité/rentabilité. Ceux de Pôle emploi, qui subissent réduction des personnels, politique du chiffre et exigences de tri entre bons et mauvais chômeurs. Quand on ne leur demande pas de jouer un rôle de policier en contrôlant les documents d’identité et en signalant d’éventuels « illégaux » à la préfecture. Ceux de La Poste, d’EDF, ou les « psys » dont on veut asservir le diagnostic au bon vouloir des préfets et qu’on veut obliger, comme les travailleurs sociaux et les éducateurs, à partager leur secret professionnel pour répondre aux impérieuses nécessités de la prévention de la délinquance, de la récidive, de l’échec scolaire, etc. Autant de vocables en novlangue qui ne cachent plus l’intention répressive et discriminatoire de l’État, et ne trompent plus que les naïfs et les imbéciles.

Dans ce contexte, la filiation avec les résistants du CNR et du plateau des Glières prend tout son sens. Elle traduit le malaise profond de ces citoyens-fonctionnaires et comme un sentiment, partagé par tous, d’urgence à dire et à agir. À résister et à inventer, comme l’a dit Didier Magnin lors du dernier rassemblement sur le plateau des Glières en mai 2010, « une utopie réalisable  », « des pistes de réflexion, d’union et d’action. Pour que les “jours heureux” ne soient pas derrière mais devant nous ».

Christine Tréguier, le jeudi 9 décembre 2010

Les désobeïssants (France Culture, 9/12/10)

L’émission Questions d’époque du 9 décembre a eu pour thème les Résistances dans les services publics. Invitée : Elisabeth Weissman.

Dossier publié dans Libération le 6 décembre :

Dossier publié dans l’Humanité le 5 décembre :

Les profs font de la résistance (Le Post, 1/12/10).

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