Collectif national de résistance à Base élèves

Contre le fichage à l'école

Le CNRBE soutient les prévenus de Tours menacés dans leur liberté d’expression

Posted by retraitbaseeleves sur 13 juillet 2010

Communiqué du CNRBE, 12 juillet 2010. — «Le 30 avril 2010, le Ministre de l’Intérieur portait plainte contre X à propos d’un communiqué de presse intitulé LES BALEINIERS, signé de SOIF D’UTOPIES et de RESF 37. Ce texte faisait état de forts soupçons concernant l’utilisation, par les préfectures d’Indre-et-Loire, d’Ille-et-Vilaine et de Guyane, du fichier Base-élèves pour le repérage des parents sans-papiers, traitant ainsi les enfants comme des appâts, pour organiser l’expulsion du territoire de de ces familles. Ce communiqué précisait en outre que ces pratiques de chasse à l’enfant rappelaient celles de la police de Vichy. Hortefeux entend interdire toute comparaison historique (…)».

Ce texte est tiré d’un communiqué très digne, écrit par 4 militant-e-s de RESF37 et de SOIF D’UTOPIES, appelés à comparaître devant le Tribunal correctionnel de Tours le 16 septembre prochain, suite à la plainte pour diffamation que vient de leur intenter le ministre Brice Hortefeux. 

Comme eux, nous pensons que loin de diffamer, « Comparer des situations, c’est s’interroger sur des processus, qui amènent des comportements et justifient des pratiques de certains fonctionnaires, en prenant appui sur l’expérience historique que représente le régime de Vichy ». C’est interroger l’évolution des politiques de « gestion des flux migratoires », qu’elles s’appellent « immigration choisie » ou « politique des quotas ». C’est questionner la mise en œuvre de la politique du chiffre, traduction concrète d’une xénophobie d’Etat. C’est s’interroger sur l’utilisation de fichiers comme celui de « Base-élèves » à des fins non pédagogiques. »

Nous ne comprenons pas que, contrairement à des injures raciales par exemple, de telles comparaisons puissent être considérées comme diffamatoires.

Comme ces 4 militant-e-s, nous n’acceptons pas qu’un ministre décide de censurer les débats de notre temps « en poursuivant pénalement toute personne pour qui les comparaisons historiques sont des éléments de réflexion sur l’évolution de la société ».

Déjà, en juin 2009, le préfet des Pyrénées Atlantiques avait porté plainte pour « outrage » contre 6 personnes qui, choquées par les conditions d’arrestation d’une famille sans-papiers, avaient voulu alerter les autorités en faisant un rapprochement avec certaines pratiques employées sous l’occupation.

A travers les 6 prévenus de Pau et maintenant les 4 prévenus de Tours, l’état s’attaque à toutes les personnes, toutes les associations, tous les organismes détenteurs de la fabrique et de la transmission de la pensée : adhérants associatifs, militants d’éducation populaire, enseignants, journalistes, chercheurs, thérapeutes, etc.

POUR LA LIBERTE D’EXPRESSION ET CONTRE LA CENSURE D’ETAT – LE 16 SEPTEMBRE : RELAXE DES 4 PREVENU-E-S DE TOURS !

→ Voir le site créé en soutien aux quatre prévenu-e-s de Tours.
Appel à la création d’un Comité de soutien.
Signer la pétition.

NB: le CNRBE a depuis longtemps exposé comment le recours croisé aux bases de données de l’Education nationale pouvait servir de relais à la politique d’immigration du gouvernement. Lire notre dernier article de février 2010.

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