Collectif national de résistance à Base élèves

Contre le fichage à l'école

Naissance du Collectif national de résistance à Base élèves

Posted by retraitbaseeleves sur 10 novembre 2008

reunion-paris

[Article de la LDH Toulon]

Une vingtaine de collectifs départementaux opposés à Base élèves 1er degré se sont retrouvés à Paris le 8 novembre 2008 dans les locaux de la Bourse du Travail. A l’issue d’une journée d’échanges ils ont décidé de créer un Collectif national de résistance à Base élèves, pour refuser l’immatriculation centralisée des enfants dès leur entrée en primaire pour les trente-cinq années suivantes.

« L’Etat utilise l’obligation scolaire à partir de six ans pour ficher toute la population. Mais pourquoi ma fille de trois ans devrait-elle avoir un matricule et rendre des comptes à la société ? Parce que je le refusais, on m’a menacée de refuser de l’inscrire. »

Maryline

Cette toute première journée de coordination nationale a réuni 75 personnes issues de divers horizons, enseignants, directeurs, parents, élus, magistrats, militants syndicalistes et associatifs de différentes organisations (Snuipp, Sud, Syndicat de la magistrature, Cgt, LDH, Fcpe, Mrap, FNER, …), venus de presque toute la France.

Leur but était de faire le point sur « le fichage des enfants », notamment depuis l’arrêté du 20 octobre qui a modifié le contenu du fichier Base élèves.

Une représentante de la LDH a pris la parole, pour rappeler que Base élèves fonctionne depuis quatre ans en étant dépourvu de toute “base légale”. Certes nous avons obtenu la disparition de certains des champs contre lesquels nous nous sommes battus, mais des données nominatives vont continuer à sortir de l’école, et l’INE ainsi que la BNIE posent de vrais problèmes. La LDH, qui a largement contribué au débat public, est bien décidée à rester vigilante tant les enjeux lui paraissent importants.

L’exposé d’une représentante du Syndicat de la Magistrature a permis de situer Base élèves comme une des pièces de la vaste entreprise de fichage de la population qui vise à contrôler toute forme de « déviance », de « divergence », de « récalcitrance » aux normes.

Ce projet se met progressivement en place sans susciter beaucoup de réaction de la part d’une opinion publique quasiment anesthésiée. En effet, afin d’éviter les risques d’un débat démocratique, le gouvernement privilégie le recours à des décrets et arrêtés, au détriment de la voie législative. Et il n’hésite pas à procéder à des reculs tactiques quand il sent que l’opinion commence à s’émouvoir. Ajoutons que, depuis août 2004, la Cnil, autorité « indépendante », n’a plus le droit de s’opposer aux nouveaux fichiers de l’Etat.

On retrouve ces méthodes dans la mise en place des fichiers Edvige et Base élèves. Dans ce dernier cas, le ministère a reculé mais il a conservé le plus important – l’Identifiant national élève (INE) qui suivra l’élève pendant toute sa scolarité – et il maintient la pression pour l’imposer. Les directeurs qui refusent d’entrer les données relatives à leurs élèves subissent des sanctions financières et sont menacés de perdre leur fonction de direction.

Cette journée a permis de nombreux échanges, y compris sur le plan juridique, un recours ayant été déposé devant le Conseil d’État en vue de faire annuler Base élèves. L’accord s’est fait sur la nécessité d’aller vers les parents et les élus pour leur faire prendre conscience de cette entrée dans un monde sécuritaire. Parmi les divers projets évoqués, la tenue d’Etats généraux du Fichage a été retenue.

Lien vers la page de la LDH Toulon

Voir aussi l’article des Big Brother Awards

Un compte-rendu peut être lu sur le blog de Brigitte Masson

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