Essonne
Parents de Gif sur Yvette
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Août 2011
Des missions
A l’attention de M. l’Inspecteur d’Académie de l’Essonne,
Je souhaite par ce courrier vous présenter ma démission. Actuellement et pour la sixième année, en « disponibilité pour convenance personnelle », j’assure pour un centre de formation aux professions sociales des enseignements de formation initiale et des actions de formation continue, ainsi que des études et recherches en éducation.
Educateur spécialisé avant mon entrée dans l’Education Nationale, docteur en Philosophie, j’occupe actuellement un poste de « Responsable de projets et de recherches », à l’EFPP (centre de formation agréé par le Conseil Régional) où j’assure des enseignements professionnels dans les domaines de la pédagogie, et la connaissance de l’environnement social et familial de l’enfant.
Instituteur, puis professeur d’école depuis 1988, il aurait été logique et naturel que je puisse mettre ces mêmes compétences au service de l’Education Nationale. Dès mes premières années d’enseignement j’ai tenté de proposer mon expérience, et mes compétences pour contribuer notamment à la formation initiale ou continue des maîtres dans mes domaines de compétence (philosophie sociale et de l’éducation, éducation spécialisée, AIS, connaissance des milieux éducatifs, famille parentalité).
Or, toutes mes offres de service, et démarches en ce sens ont été constamment découragées. Il apparaissait que les compétences et connaissances qui me sont pourtant reconnues par mes publications d’article, ou comme auteur, étaient tout simplement ignorées, voire déniées par mon employeur.
D’autre part, Monsieur l’Inspecteur, depuis la fin des années 80, je n’ai pu qu’assister à la dégradation de la liberté éducative et pédagogique de l’enseignant, et à l’appauvrissement du champ éducatif à l‘école.
Sous couvert d’un « recentrage » perpétuel vers l’acquisition de « fondamentaux », de socle, l’école primaire s’est appauvrie, s’est repliée sur elle-même ; elle s’est coupée des ressources de son environnement naturel, à la fois urbain, familial et social.
Le temps et le champ de l’enseignement se sont retrouvés de plus en plus quadrillé d’objectifs, d’injonctions et de contrôles. Les possibilités pour les enseignants comme pour les élèves, de faire preuves d’initiative et d’autonomie sont progressivement et toujours plus rognées par des injonctions dans tous les domaines et une inflation de règlementations dissuasives. Vigipirate, l’alourdissement des procédures d’autorisation de sortie, ou d’intervention de tiers, la règlementation des activités physiques (…) ont constitué autant d’entraves au développement d’un climat éducatif souhaitable, dans les classes et dans les écoles.
Qui peut encore en effet dans sa classe et dans son école sortir en toute simplicité, faire la cuisine, utiliser les transports en commun, faire participer les parents au quotidien de la classe, faire une sortie vélo avec ses élèves ou organiser un séjour avec eux ?
Sans que l’on y prenne garde c’est toute la liberté éducative nécessaire à l’apprentissage de l’autonomie et au développement des relations éducatives de base qui se sont retrouvées progressivement rejetée hors de l’école.
A la place, nous avons connu une inflation des évaluations en tous genres, nationales, de circonscription ou exceptionnelles, qui prennent de plus en plus de temps, de plus en plus de place et qui déterminent lourdement le quotidien des élèves, comme celui des enseignants. Cette tendance est allée si loin, que l’on peut se demander si l’enseignement à l’école n’est pas en train de perdre tout sens en se réduisant à la simple préparation… de ses propres évaluations.
En vingt-quatre ans, je n’ai observé également aucun progrès dans la formation ou l’accompagnement des jeunes enseignants. La formation éducative, l’accès à une formation consistante dans les domaines de la connaissance du développement psychoaffectif de l’enfant, de la connaissance des réalités sociales et contraintes des familles les plus précaires, sont toujours refusées aux jeunes enseignants qui subissent de plein fouet les peurs, les préjugés, auxquels les expose, leur impréparation.
Dans mes fonctions actuelles, je contribue à la formation d’éducateurs spécialisés, comme de jeunes enfants (il s’agit de deux diplômes d’Etat). Or, ceux-ci bénéficient d’une réelle formation à la pratique et notamment font l’expérience de l’analyse des pratiques.
En ce qui concerne nos jeunes collègues, non seulement ils n’ont toujours pas accès à ces outils fondamentaux pour des éducateurs, mais, sur la même période, leur formation initiale s’est trouvée amputée et perpétuellement rognée pour être réduite actuellement à un simulacre d’accompagnement, unanimement décrié.
Membre de l’ICEM Pédagogie Freinet de longue date, j’aurais souhaité contribuer à l’intérieur de l’Education Nationale au développement d’une pédagogie respectueuse de l’enfant, de ses besoins et de ses aspirations.
Je suis malheureusement aujourd’hui forcé de constater que de telles pratiques pédagogiques n’ont plus de place dans l’Education Nationale, telle qu’elle est devenue.
Les sanctions, ou plus banalement les brimades et dénis de reconnaissance pleuvent sur nos collègues et camarades qui, partageant nos principes, refusent les modes d’évaluation néfaste, l’absurdité du « soutien scolaire » obligatoire, ou le fichage des enfants dans Base Élèves.
La relation avec la hiérarchie s’est tellement dégradée qu’il n’y a plus de place aujourd’hui dans notre institution que pour des relations d’autoritarisme et de servilité qui empêchent le développement de toute créativité nécessaire à l’acte d’éduquer.
Aujourd’hui, Monsieur l’Inspecteur, il devient clair que c’est en dehors de l’école que peuvent se développer de véritables innovations pédagogiques et éducatives.
C’est pour cette raison, que dans le cadre de l’action associative je contribue à promouvoir de nouvelles formes de travail éducatif, qui, répondant à des besoins sociaux pressants, ne trouvent pas de place à l’école. C’est également pour cette raison que dans le cadre de la formation professionnelle, je contribue à développer des actions de formation propres à aider les éducateurs d’aujourd’hui à devenir les véritables promoteurs et ingénieurs de leur pratique professionnelle et éducative.
Constatant que ces objectifs n’ont plus aujourd’hui de place dans l’Education Nationale, je vous prie donc de prendre en compte ma démission.
Dans cette perspective, je vous prie de croire en mon attachement profond à l’éducation et à la pédagogie.
Laurent Ott, le 23 aout 2011
→ Instit’ depuis 24 ans, je suis venu vous dire que je démissionne (Rue 89, 01/09/2011)
→ Pourquoi je démissionne de l’Education nationale (Médiapart, 01/09/2011)
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Juin 2011
Suite de l’action “droit d’opposition”
A Gif-sur-Yvette, les parents qui avaient refusé de remplir les fiches de renseignement ont fini par plier pour permettre la non fermeture de la 8ème classe, qui finalement a été maintenue (voir ci-dessous).
Face aux méthodes déloyales de l’administration, les parents sont déterminé à faire valoir leur droit d’opposition. Pour aider les parents dans leurs démarches, le CNRBE a élaboré un vade mecum pratique avec une avocate du Syndicat des avocats de France (SAF) :
–> Télécharger le vade mecum (3 pages – fichier PDF) et lire toutes les indications sur la procédure dans notre KIT ANTI-BE.
–> Lire l’article Le droit d’opposition des parents : un droit difficile à faire respecter (31/05).
–> Lire l’article Le droit d’opposition à Base élèves 1er degré existe-t-il vraiment ? (LDH Toulon, 24/06).
–> Conseils lettre d’opposition.
–> Modèle de lettre d’opposition à adapter.
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Quand Base élève est l’objet d’un obscur chantage à la fermeture d’une classe
Joël Martin, qui tient un blog sur le quotidien en ligne Mediapart, raconte l’histoire mouvementée de la fermeture d’une classe dans une école élémentaire de Gif-sur-Yvettte. Il en dit long sur les méthodes du MEN pour mettre au pas les opposants au fichage, et surtout sur le fait qu’on peut se passer de Base élèves pour faire des prévisions d’effectifs, mais qu’il est tellement plus « efficace » de s’en servir comme moyen de pression…
La dictature de « Base-Elèves » – 10 Juin 2011
Gif-sur-Yvette, coquette cité de l’Essonne peuplée en partie de chercheurs bobos, de cadres en cravate et autres têtes d’oeuf plus ou moins pleines de neurones avisés. Ils ont quand même le temps de faire des enfants qui peuplent les écoles locales de façon variable d’une année à l’autre au gré des migrations. Ainsi, pour la rentrée 2011, l’école élémentaire du Centre de Gif voit passer ses effectifs de 222 répartis sur neuf classes à 194. D’où l’inéluctable suppression d’une classe. Jusque là, rien à dire. On reste à un peu plus de 24 élèves par classe en moyenne. Mais les parents d’élèves de cette école sont des trublions. La moitié d’entre eux s’opposent à ce que des renseignements confidentiels concernant leurs enfants soient saisis dans le fichier informatique national « Base-élèves » pour toutes sortes de raisons éthiques et philosophiques mais surtout parce que ce fichier est insuffisamment sécurisé, comme l’a montré une fuite récente à Sartrouville.
En outre malgré les dénégations du ministère de Luc Chatel et de ses satellites académiques et rectoraux, ce fichier est connecté à d’autres comme l’ont montré ici et là des arrestations de parents d’élèves en situation irrégulière venus chercher leurs enfants à l’école. Par exemple près de Rennes.
Le Conseil d’Etat a annulé en 2010 un décret de 2008 restreignant le droit d’opposition.
Le comité des droits de l’enfant de l’ONU s’est déclarée contre ce fichier.
L’assemblée des élus de Corse s’est déclarée à l’unanimité contre ce fichier.
Un peu partout en France, des parents se sont opposés pour motifs légitimes au fichage de leurs enfants comme leur permet la loi. Ce droit d’opposition leur a été uniformément refusé par toutes les Inspections d’Académie, quels que soient les motifs. Autrement dit un agent de l’administration s’arroge le droit de juger si un motif est légitime ou non.
Des recours auprès des Tribunaux Administratifs sont donc déposés un peu partout.
Plus de la moitié des parents d’élèves de l’Ecole Elémentaire du Centre de Gif se sont ainsi opposés au fichage de leurs enfants. Refus uniforme de l’Inspection d’Académie (IA) de d’Essonne, quels que soient les motifs invoqués. L’Inspection d’Académie s’assied sur la loi.
Quel rapport avec la suppression de classes dues aux baisses d’effectifs?
Le voici. Malgré le comptage concordant de l’école et de la mairie qui dénombrent 194 élèves officiellement inscrits pour la rentrée 2011, l’IA décrète que son estimation est de 188 élèves. Or, pour un effectif inférieur à 189 élèves, l’IA procède à une “fermeture différée” d’une classe : la classe est fermée, l’enseignante est priée d’aller voir ailleurs, mais si à la rentrée l’inspecteur compte plus de 189 élèves, la classe est rouverte et l’enseignante ainsi baladée est prioritaire pour reprendre son poste. Tant pis si elle s’est organisée autrement, circulez y a rien à voir. Imaginez les incertitudes, les perturbations des enseignants, élèves et parents qui ne savent pas le jour de la rentrée dans quelle classe seront leurs enfants.
Eberlués par cette estimation qui contredit les chiffres réels, des parents ont eu une entrevue avec l’IA le 30 mai dernier. L’IA a expliqué benoîtement que son évaluation reposait sur “des modèles mathématiques” tenant compte des “tendances lourdes” dans tout le département, et que les données étaient celles de “Base-élèves”. Alors, bien sûr, les élèves non saisis dans le fichier perturbaient la bonne marche de cette curieuse usine à dénombrement où une estimation prime sur la mesure réelle. De là, venait sans doute, selon l’IA, la sous-estimation des effectifs de notre école.
Le message était clair : ne vous opposez plus à “Base-élèves” et on tiendra compte de l’effectif réel. Le tout vilain chantage.
Entre leurs convictions et l’intérêt des enfants, les parents, couteau sous la gorge, n’ont pas hésité et se sont tous résignés à plier et à autoriser la saisie dans le fichier.
L’IA en a été avisée. Elle a demandé la liste écrite et nominative des 194 inscrits. La liste lui a été envoyée.
Tout le monde s’attendait donc à la prise en compte des effectifs réels et la levée de la fermeture différée et de son cortège de gros soucis.
La décision est tombée hier : la fermeture différée est maintenue bien qu’il soit avéré que les effectifs seront largement supérieurs au seuil de fermeture.
Il est clair qu’il s’agit d’une “punition”, parfaitement arbitraire et illégale. L’IA s’asseoit sur ses propres règles. Il ne fait pas bon défier ces tout-puissants robocops de la pensée, nourris à la moulinette informatique dont ils se servent d’ailleurs en dépit du bon sens : pour que les évaluations modélisées tendances lourdes etc. soient significatives, “Base-élèves” devrait être actualisé en temps réel. Or des nouveaux élèves officiellement inscrits à Gif pour 2011-2012 figurent dans “Base-élèves” à leur ancienne école. Ils sont donc soustraits à Gif. Le mouvement inverse peut se produire objectera-t-on. Oui, mais le nombre des arrivées est supérieur au nombre de départs.
Résultats des courses : la confirmation que nous sommes dans une république non seulement bananière mais kafkaïenne. Avec un inquiétant zeste d’orwellisation : il s’agit d’habituer insensiblement le peuple à un fichage généralisé.
Et en attendant, ce sont les mômes qui trinquent et l’enseignante concernée ne sait plus trop à quel saint se vouer.
Les robocops de la pensée n’en ont strictement rien à cirer : l’IA nous a déclaré que les postes d’enseignants n’étaient pas pour eux tenus par des êtres humains, mais par des “chaises”.
Sans commentaire.
Enfin si, j’espère de nombreux commentaires, avec des cas concrets ici ou là, en Corse ou dans le 95, ou partout ailleurs. Car Gif est un repaire de privilégiés aptes à se défendre. Mais dans d’autre lieux plus défavorisés, les robocops de la pensée doivent faire des ravages en profondeur auprès de gens dont la survie quotidienne est la principale préoccupation.
Une dernière remarque: ce genre de coupe arbitraire dans le nombre de classes s’inscrit en droite ligne dans la vague de suppression de seize mille postes. Il faut bien les trouver quelque part, ces enseignants à jeter. La gestion élastique de prétendus sous-effectifs est bien pratique pour ce dégraissage méticuleux du Service Public.
Jules Ferry, reviens, ils sont devenus fous.
194 enfants à la rentrée = maintien de la fermeture différée de la 8ème classe en élémentaire à Gif sur Yvette
Communiqué des parents de Gif sur Yvette
Alors que les prévisions sont au dessus du seuil de blocage, l’ Inspecteur d’Académie de l’Essonne ne veut pas ouvrir la 8ème classe en élémentaire à Gif sur Yvette.
Lors de la dernière réunion du CTPD du 9/6/2011, il maintien sa décision. Après une très forte pression auprès des parents et de la directrice d’établissement , sous forme de chantage : à “ BE1D remplie = 8 classes “, les parents cèdent pour assurer l’ouverture de cette classe.
TOUS, enfants, parents et enseignants sommes indignés par les méthodes utilisées par l ‘IA et par l’injustice criante de sa décision.
28 élèves par classe et une enseignante dans la douleur !!!!! Dans le meilleur des cas, les enfants de cette école auront d’excellentes conditions d’enseignement !!!!!!!!
“Tout va bien dans le meilleur des mondes” de LUC CHATEL …
Si vous êtes dans le même cas, merci de nous contacter à deleguescentre@sfr.fr, nous pourrons ainsi organiser une contre attaque collective et espérons la plus efficace possible. Il faut faire vite. Merci.
Gif sur Yvette, le 12 juin 2011
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Janvier 2011
Parents, vous pouvez vous opposer au fichage de votre enfant dans Base Élèves
Après la décision du Conseil d’Etat (Arrêt du 19/07/10), les parents peuvent désormais s’opposer au fichage de leur enfant dans Base Elèves et la BNIE. Suite à une injonction de remplir Base Elèves que la directrice de l’école élémentaire du Centre à Gif-sur-Yvette a reçu de la part de l’IA, plusieurs parents ont décidé de faire valoir leur droit d’opposition. Pour vous joindre à cette action, vous pouvez télécharger les documents suivants :
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